Des extraits du livre "Paroles joyeuses de Jean-Paul II" (aux éditions
Salvator).
Karol Wojtyla et le journal de sœur
Faustine
L'archevêque de Cracovie supervisait plusieurs procédures de béatification, et entre autres celle de la sœur Faustine Kowalska. Le père Ignacy Rozycki, un éminent
théologien, devait donner son avis concernant le journal de sœur Faustine.
Il
exigea des sœurs qu'elles lui fournissent ce journal.
La
responsable des sœurs demanda au futur Pape si elle devait transmettre le journal au père Rozycki. Il répondit résolument :
-"Dites
au père que moi, je vous ai catégoriquement interdit de faire sortir les originaux des notes. Si le père veut vérifier quelque chose, il n'a qu'à se déplacer jusqu'à Lagiewnik et vérifier ça chez
vous sur place..."
Puis,
pour bien signifier qu'il ne voulait pas que la sœur fasse sortir le document, il ajouta :
-"Ma
sœur voyagerait en tramway, celui-ci déraillerait et le journal aurait disparu. Ma sœur disparaîtrait aussi, mais ce n'est rien car ma sœur irait au ciel. Or, le journal ne peut pas disparaître
!"
La manière de réprimander les autres
Karol Wojtyla formait les prêtres d'une manière assez particulière. Un jour, il convoqua un prêtre qui avait fait
quelques bêtises. Ils discutèrent, les yeux dans les yeux : le cardinal dit clairement, sans ménagement, ce qu'il pensait du comportement du prêtre. Puis il le convia à la chapelle pour qu'ils
prient ensemble. Après une longue prière, le cardinal Wojtyla regarda le jeune prêtre qu'il venait juste de réprimander : "Mon Père voudrait-il écouter ma confession ?"
40% des cardinaux polonais font du ski
Des journalistes étrangers demandèrent au futur pape Jean-Paul II (alors archevêque de Cracovie) combien de cardinaux
polonais faisaient du ski. Il répondit : "40%". "Pourtant, la Pologne n'a que deux cardinaux", s'étonnèrent les journalistes. Le futur pape répondit : "Bien sûr, mais le cardinal Wyszynski, le
Primat de Pologne, en représente déjà 60%".
Descente sur la rampe des escaliers !
L'archevêque de Cracovie prononça une conférence au séminaire de Tuchow. Ce qu'il disait semblait trop scientifique mais
tous étaient fascinés par lui.
Ce qui leur plut davantage c'était la façon dont il avait descendu les étages qui séparaient la salle de conférence du
réfectoire. En effet, il s'assit tout simplement sur la rampe des escaliers et se laissa glisser dessus.
Karol Wojtyla pris pour un agent communiste !
Il arrivait parfois que l'évêque Wojtyla se rende dans une aproisse incognito, surtout lorsqu'il faisait des randonnées
en montagne. Il se tenait au fond de l'église, observait et écoutait.
Un jour, un sermon l'intéressa tout particulièrement. Il prit son calepin et se mit à écrire quelque chose. Les
montagnards alors présents dans l'église n'avaient aucun doute : c'était un dénonciateur.
Sans prendre le temps de réfléchir, ils se mirent d'accord : "Il fallait lui donner une leçon pour qu'il ne moucharde
plus".
Lorsque l'inconnu sortit de l'église, ils l'attirèrent dans les buissons et exigèrent de lui qu'il leur montre son
calepin. Ils l'auraient sûrement frappé si le curé, qui avait reconnu Wojtyla, n'était pas intervenu à temps : "Dieu du ciel, mais c'est son Excellence !"
Voyons, je ne suis pas encore mort
!
Le Père Helmut Juros raconte :
Récemment ordonné prêtre, je dus rendre hommage à l'évêque nouvellement consacré, Karol Wojtyla, à la porte de la chapelle des soeurs "Ursulines". Et au lieu de lui remettre le goupillon, comme
c'est l'usage, pour qu'il nous asperge avec de l'eau bénite, troublé, c'est moi qui l'aspergeait. L'évêque me fit remarqué : "Voyons, je ne suis pas encore mort !"
Un étonnant professeur
Karolina Maria Kasperkiewicz a été l'élève du futur Pape Jean-Paul II quand il était professeur en Pologne. Pendant
l'examen de maîtrise, il lui a posé une question très difficile : énoncer les différences et les ressemblances entre les normes morales de Saint Thomas d'Aquin et celles de Kant.
Par miracle, Karolina Maria a trouvé la réponse. Plus tard, le futur Pape Jean-Paul II lui a dit qu'il s'était rendu
compte au dernier moment que sa question était trop difficile... et qu'il avait prié pour qu'elle trouve la réponse !
L'histoire de la montre et de la vacancière
Un jour, le futur Pape fait une randonnée en montagne. Il est vêtu d'une tenue de sport. Soudain, il s'aperçoit qu'il a
oublié sa montre. Il demande l'heure à une jeune vacancière et celle-ci lui répond :
-"Aujourd'hui, vous êtes déjà le dixième homme qui a "oublié" sa montre. On commence par demander l'heure, puis on
propose un petit verre de vin, le soir, on vous invite à une soirée dansante..."
-"Mais, madame, je suis prêtre", répond Karol Wojtyla.
La vacancière se met à rire :
-Eh bien monsieur ! On m'a déjà draguée de différentes manières, mais en se faisant passer pour un prêtre, c'est bien la
première fois !
Jeune prêtre, il ressemblait à un mendiant
Il n'a jamais eu d'économies à la banque, il n'a même jamais eu d'argent à lui, écrit l'auteur de
"Témoin de l'espoir", Georges Weigel.
Il pratiquait différentes formes d'autodiscipline et de privation. Le terme de possession ne
signifiait rien pour lui, mis à part peut-être les équipements de ski qu'il recevait de ses amis.
Un jour, Mieczyslaw Malinski jeta le vieux rasoir rouillé de son ami et lui en offrit un neuf
pour sa fête. Il était persuadé que s'il n'avait pas jeté le vieux rasoir, Wojtyla aurait offert le neuf à quelqu'un, comme il le faisait avec la plupart des cadeaux qu'il recevait. Il portait
toujours une vieille soutane et de vieilles chaussures. Malinski se souvient que lorsqu'on regardait Wojtyla, on pouvait croire qu'il s'agissait d'un mendiant.
Il arrivait toujours en classe à la dernière seconde
Halina Krolikiewicz-Kwiatkowska, une amie d'enfance de Karol, nous dit ceci : "Quels étaient ses
défauts ? Je ne sais pas. Je ne les connais pas. Il est vrai qu'il rentrait toujours en classe à la dernière seconde, après avoir couru sur la place. Il arrivait les cheveux ébouriffés, toujours
rebelles".
Il faut dire que la coiffure de Karol était toujours un sujet de plaisanterie. Il y avait même
des petits poèmes qui circulaient sur le sujet : "Les poissons se baignent, il faudrait que Wojtyla se peigne".
On pensait qu'il serait acteur
Je me souviens de la première rencontre de Karol avec le cardinal Sapieha, raconte le père Edward
Zacher, catéchiste de Karol.
C'était en mai 1938. Le cardinal vint en visite à Wadowice. Quelques jours avant, j'avais appelé
Karol et je lui avais dit : "Lolek, tu vas préparer un discours de bienvenue pour saluer l'arrivée de notre cardinal". Je me souviens très bien qu'il l'a magnifiquement écrit et qu'il l'a encore
plus joliment prononcé.
Lorsque la cérémonie s'acheva, le cardinal m'agrippa pour me demander :
-Et lui, il sera prêtre ?
-Malheureusement non.
-Dommage, dommage ! Mais pourquoi ? demanda l'archevêque.
-Parce qu'il se passionne pour la littérature. Il écrit déjà des poèmes. Il veut devenir
acteur.
-C'est très dommage ! répéta le cardinal.
A l'école, il lui arrivait d'être gardien de but dans l'équipe juive
Karol était un fervent sportif. Il aimait tout particulièrement le football, de préférence à la
place de gardien de but. Il était surnommé "Martyna", en l'honneur du célèbre joueur de foot de l'avant-guerre, Henry Martyn.
Puisque, dans la classe, il y avait plusieurs juifs, les garçons se répartissaient en deux
équipes : les "catholiques" et les "juifs". D'un côté, le gardien de but était Karol et de l'autre, Poldek Goldberg, le fils d'un dentiste.
Souvent, il n'y avait pas suffisamment de juifs pour faire une équipe. Lorsque cela arrivait et
que Golberg n'était pas sur le terrain, Karol défendait les buts des juifs.
Il ne croyait pas qu'un polonais pourrait devenir Pape
Karol Wojtyla est venu au monde le 18 mai 1920 à Wadowice. Sa mère Emilia l'avait surnommé Lolek.
Il paraît qu'elle disait souvent à ses voisines qu'il serait un grand homme.
En 1927, peu de temps après le vol en solitaire de l'aviateur américain Charles Lindbergh
au-dessus de l'Atlantique, on demanda au petit Karol Wojtyla :
-Qui voudrais-tu être plus tard ?
-Je serai aviateur ! répondit le petit garçon.
-Et pourquoi pas prêtre ?
-Parce qu'un polonais peut devenir un second Lindbergh, mais ne peut pas devenir Pape.