Un texte tout à fait extraordinaire du père André Daigneault, le responsable du foyer de charité de Sutton, au Canada (source : "Il est vivant" n° 234).
La vraie sainteté, c'est d'accepter de devenir simplement soi-même, écrivait le célèbre moine américain Thomas Merton (Semences de Contemplation). Et d'accepter d'être simplement humain, avec ce que cela induit de finitude et de vulnérabilité.
La toute-puissance fascine l'homme. Il cherche sans cesse à devenir le plus grand, le plus fort, le plus capable. Il veut être admiré (...).
Déjà Adam a voulu sortir des limites de sa condition humaine en étant "comme Dieu". Jésus, le nouvel Adam, nous montre le vrai chemin. Il s'est fait homme et il accepte jusqu'au bout les limites et la pauvreté foncière de la nature humaine. Contemplons-le. Toute sa vie, il a refusé la toute-puissance, les titres, le pouvoir.
La vraie sainteté n'est pas la perfection : le désir d'être parfait peut être entaché d'un secret orgueil, celui d'être reconnu et admiré. Certaines personnes parvenues à un haut degré d'ascétisme et à un comportement vertueux héroïque deviennent de véritables démons parce que tout en elles est orgueil !
La fragilité, dit si bien Jean Vanier, est l'avenir de l'Eglise. Mais nous ne voulons pas paraître fragiles, montrer notre faiblesse et notre vulnérabilité. Nous aurions pourtant besoin de retrouver cette mystique de la faiblesse consentie qu'apporte à notre temps Jean Vanier et Henri Nouwen (l'auteur de Le retour de l'enfant prodigue, aux éditions Bellarmin).
Jésus n'a pas dit : "Heureux vous qui vous occupez des pauvres" mais "Heureux vous les pauvres". C'est par
notre humaine pauvreté que nous pourrons évangéliser.




